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Poursuite des études en France : une ancienne élève du lycée Claudel, répond à nos questions.

Reem Al Ameri, a quitté le lycée le lycée Claudel après avoir obtenu son baccalauréat en 2018, pour intégrer la prestigieuse université de Sciences Po, Campus de Reims, en France. Elle revient sur son parcours et nous partage son expérience.

Qu’est-ce qui t’a poussé à franchir le pas et à t’expatrier en France pour y poursuivre tes études ?

La France a joué un grand rôle dans ma vie depuis ma jeunesse. Mes parents m’ont intégrée dans une classe d’immersion française dès l’école primaire. C’était un programme stimulant pour un enfant de six ans, mais particulièrement difficile car j’étais habituée à l’arabe, ma langue maternelle. La langue française a donc été ma première épreuve quotidienne, une aventure qui m’a permis de me former en tant que personne mais aussi de me créer une identité. De cette façon, j’ai appris la persévérance et la valeur de l’effort. J’ai fait ma première véritable découverte culturelle et j’ai tissé des liens avec des individus des quatre coins du monde tous unis par la francophonie.

Plus tard, mes bases en langue française se sont consolidées lorsque j’ai intégré le Lycée Français Saint-Louis à Stockholm. Caractérisé par sa pluridisciplinarité, la diversité de ses étudiants inscrits dans le réseau de l’AEFE, sa rigueur et sa structure en terme d’analyse et de raisonnement, cet enseignement m’a en effet permis une compréhension globale des enjeux du monde du 21e siècle tout en développant des capacités approfondies à l’oral et l’écrit, sans oublier une culture générale diversifiée. C’est pour toutes ces raisons que j’ai fait le choix d’intégrer le Lycée Claudel lors de mon retour au Canada. Envisager un cursus post-secondaire en France était pour moi un enchaînement naturel. Je suis une personne curieuse et ayant grandi dans un environnement français, entouré de  personnes et de culture françaises, je voulais découvrir la France par moi-même et au delà d’une simple visite touristique.

Que retiens-tu des années passées au lycée Claude d’Ottawa ?

À travers mon parcours scolaire, j’ai acquis des bases en sciences et approfondi ma passion pour les langues, notamment le suédois, l’arabe et l’espagnol. D’autre part, j’ai pu m’investir dans les arts, que ce soit par le biais de l’option cinéma audiovisuel avec Mme Godet et M. Maréchal, mon implication dans la troupe de théâtre avec M. Collin-Lange ou par l’option arts plastiques avec Mme Ruette.

J’étais très active dans le club de débat anglophone guidée par Mme Pinault. J’ai eu le privilège de représenter les élèves au Conseil d’Établissement pendant deux ans et j’étais impliquée dans plusieurs activités que ce soit des levée de fonds, dans les comités pour le bal des finissants ou comme tuteur. Le lycée Claudel à donc été un lieu d’épanouissement et de développement personnel aussi.

Quelles étaient tes attentes avant de partir ? La formation suivie y répond-elle ?

Présenté par Campus France au Lycée, Sciences Po Paris est une institution qui m’intéressait depuis que j’en avais entendu parler. Cette école présentait un prolongement naturel de la formation que je suivais au Lycée Claudel en ES (Filière économique et sociale) : à travers l’acquisition de savoirs et de méthodes en droit, économie, histoire ou sociologie j’appréhende les évolutions des sociétés contemporaines, et j’acquiers des outils pour penser de manière critique et agir avec éthique. Ce cursus humaniste favorise la pluralité des savoirs et des méthodes, le débat public et le travail et me permet un véritable approfondissement académique, intellectuel et personnel. C’est ce que j’attendais de Sciences Po et c’est ce que j’ai obtenu. La vie associative est très riche aussi et il y a toujours un ou plusieurs événements dans la journée: café en présence de chats, conférences avec des ministres ou cours de yoga, il est impossible de tout énumérer !

Je ne vous cache pas le fait que c’est aussi une institution qui demande beaucoup de ses étudiants. On est poussé à nos limites et constamment mis à l’épreuve. Les cours sont d’un haut calibre et les attentes sont très élevées, la charge de travail aussi. L’intégration se fait donc difficilement pour certains et a d’ailleurs été une épreuve pour moi. Par contre, deux années de préparation au baccalauréat économique et sociale permettent une acquisition de savoirs et méthodes qui présentent des atouts lors d’une poursuite d’études en sciences sociales et m’ont beaucoup servi jusqu’à présent. Par ailleurs, au Lycée j’ai eu la chance d’être encadrée par des professeurs passionnés et qui nous proposaient des enrichissements au programme et des approfondissements. Plusieurs professeurs mettent en place des projets et des activités en plus. Selon moi, je pense que j’ai aussi pu intégrer Sciences Po grâce à la préparation obtenue durant l’année de Terminale de la part de M. Trapeau , M. Masson et M. Gallot à l’épreuve orale d’admission. Cela était aussi le cas de plusieurs de mes camarades qui ont fait partie d’ateliers ou ont reçu des heures d’approfondissement et d’aide en plus. L’équipe pédagogique au Lycée Claudel, par son investissement dans les élèves et son amour pour la transmission du savoir, enrichit l’établissement et la communauté.  

Comment s’est passée ton arrivée en France ? L’éloignement n’est-il pas trop difficile ?

Mon arrivée en France s’est bien passée, malgré certains processus administratifs et bureaucratiques longs et compliqués dont l’équivalent était simple au Canada. Je conseille donc à n’importe quelle personne non-européenne qui envisage de continuer ses études en France de commencer ses démarches le plus tôt possible. Je n’ai pas de famille en France mais l’intégration sociale se fait très rapidement à Sciences Po. Elle est facilitée par la petite taille du Campus de Reims, comparée à certaines universités canadiennes, mais aussi les nombreuses activités d’intégration. Il y a beaucoup d’entraide et le campus devient une deuxième famille. Par ailleurs, je connaissais des anciens du Lycée Claudel qui étaient retournés en France il y a quelques années et Kasia J., qui était en terminale L, vient de commencer ses études en Histoire à Paris I. Donc je ne suis pas complètement seule ni isolée. En ce qui concerne l’éloignement, c’est vrai que vivre à 7h d’avion d’Ottawa peut être stressant parfois mais poursuivre ses études à l’étranger est aussi enrichissant. C’est une épreuve et cela nécessite un ajustement mais fait de plus en plus partie d’une certaine “citoyenneté mondiale”. Et oui, ma famille, mes amis, Tim Hortons, Costco et mon lit me manquent, mais le beau temps gris de Reims et la boulangère du coin qui se soucie de mes partiels sont de belles nouveautés et un nouveau “chez moi”:)

Pour l’instant, j’envisage de rester en France pour terminer le cursus de Sciences Po jusqu’au niveau Master. La troisième année se déroule obligatoirement à l’étranger, donc j’espère pouvoir la faire en Suède. Mon travail personnel couplé avec les nombreuses activités et opportunités mise à ma disposition au Lycée Claudel et à Ottawa, en plus d’un encadrement riche, m’ont permis l’obtention de la bourse excellence major de l’AEFE qui prend en charge plusieurs aspect financiers de ma vie en France pour les 5 prochaines années et facilitent donc mon parcours. L’équipe de l’AEFE et Campus France mettent en place un suivi régulier ainsi qu’un accueil et s’assurent que tout se passe bien pour nous. C’est une très belle opportunité et j’en suis très reconnaissante.

Recommanderais-tu à des amis ou à d’autres personnes de poursuivre leurs études en France ? Pourquoi ?

L’enseignement français supérieur est reconnu à travers le monde et des programmes en anglais et en français sont présents dans plusieurs facultés. C’est le 4e pays d’accueil d’étudiants à l’étranger ce qui signifie des rencontres avec des personnes très diverses. La vie étudiante est très riche en plus de la culture. L’Europe est à portée de main tout comme les pains au chocolats*. J’encourage donc n’importe quel élève qui veut se pousser et découvrir de nouvelles choses sur le monde et sur eux-mêmes d’envisager un cursus post-secondaire en France.

*(chocolatines)