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Dossier de presse 3 : Revue SNUIPP : "Fenêtre sur cours" Septembre 2005 - France

Ottawa, Canada : Ma chorale au Canada

A Ottawa, au Canada, une chorale composée d’élèves français et canadiens associe pendant un an deux groupes d’enfants autour de l’enregistrement d’un CD musical.
Peut-on créer un CD musical sans savoir chanter ? C’est le défi qu’a relevé Jacky Lepeintre enseignant en poste au lycée Claudel d’Ottawa au Canada et ses élèves de CM1. Un défi rendu possible par les commémorations des 400 ans de présence de la langue française en Amérique du Nord. Ainsi est née en 2003, la chorale des Deux Rives associant des élèves non musiciens d’écoles française et canadienne, originaires d’Ottawa et Gatineau... sur les deux rives de la rivière des Outaouais.
Dès septembre, chaque école travaille séparément. Seules deux séances seront communes aux deux classes durant ce premier trimestre. Elles permettront une mise au point au niveau musical ainsi qu’au niveau de différents mots qu’on ne prononce pas de la même façon si l’on est Français ou Canadien. Dans la classe de Jacky, à raison de trois heures par semaine, il est courant de voir des élèves imiter le bruit de la tondeuse ou d’une sirène, d’autres répéter inlassablement sans se tromper des phrases du style « seize jacinthes sèchent dans seize sachets secs », d’autres encore déambuler dans la classe, se croiser et chanter chacun en canon sans s’approprier la voix des autres. Enfin, on ne compte plus les Ohhhh, pssst, brrrr élèments indispensables à la bonne musculation du diaphragme. Bien entendu, la gêne et les éclats de rire des premières séances ont vite fait place au sérieux de ce travail vocal nécessaire au début de chaque période de chants.
Chacune des dix chansons proposées, puisées aussi bien dans le répertoire folklorique que contemporain et toutes issues d’un « remue-méninges » mêlant parents, enseignants et élèves, nécessite quinze jours d’apprentissage. « Beaucoup de temps est consacré au refrain et au premier couplet qui a une structure rythmique que l’on retrouve dans les suivants », insiste Jacky « On les travaille les unes après les autres mais on entretient systématiquement celles déjà apprise ». Parallèlement, pour Jacky et les musiciens du conservatoire de Gatineau ainsi que du Quartet de Jazz, une phase de réécriture de la partition musicale commence. « La plupart du temps les paroles chantées par des adultes le sont sur un registre de voix qui ne convient pas aux enfants, il faut respecter leur tessiture. Quand on voit certains enfants chanter sur des disques de Céline Dion ou Garou, cela n’a aucun sens », s’enflamme Jacky. Ainsi, par exemple, la remise en musique du « soleil a rendez-vous avec la lune » a permis d’y intégrer un passage rap.
Reste pour les deux classes à finaliser le projet lors d’un camp musical - classe de découverte d’une semaine - par l’enregistrement du CD reprenant les chants étudiés. Durant une semaine toutes les après-midi vont être consacrées aux sessions d’enregistrement. En vrai live pour certains titres ou en superposition sur bandes-son préenregistrées pour d’autres. Bien entendu, il arrive qu’un morceau coince et là rien de tel « qu’un foot dans la neige pour se vider la tête et repartir chanter ». Le rythme d’enfer des enregistrements est par ailleurs atténué par les activités matinales comprenant aussi bien la pêche sur glace que le piégeage avec des trappeurs. Au final, en plus d’avoir emmené en un an des enfants non sélectionnés selon leur capacité musicale à devenir de vrais interprètes, la satisfaction pour Jacky est de proposer « une des rares activités où tous les enfants agissent ensemble, en même temps et dans un même but proposer une interprétation de qualité de chansons avec de belles mélodies, de beaux textes ».

Maurice Périard conseiller pédagogique à la Commission Scolaire des Draveurs de Gatineau, Québec : * Un de nos objectifs était de produire un outil pédagogique pour les enseignants, nous avons fait en sorte d’offrir des versions chantées de très bonne qualité ainsi que les versions instrumentales avec de très beaux arrangements.
Jacky Lepeintre, enseignant de la classe de CM1: * Entendre les enfants siffloter ou chantonner des airs folkloriques et traditionnels peu connues dans les couloirs de l’école... Si toi tu ne leur donnes pas cette culture là qui va leur donner, on ne ne pas laisser à la radio et à la télé la responsabilité de faire leur culture musicale.